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Quand l’IA s’invite dans les classes de français : un miracle, ou un mirage?

La roue, l’écriture, l’électricité, internet, l’informatique… et bien d’autres révolutions ont marqué l’histoire humaine. Toutes ces grandes innovations technologiques ont profondément transformé le monde. Chacune de ces avancées a bousculé les habitudes établies et suscité des réactions divergentes : certains y ont vu un vecteur de progrès, tandis que d’autres l’ont perçue comme une menace, porteuse de risques et de dérives. L’intelligence artificielle ne fait pas exception.
Dans cette lignée historique, l’IA s’est progressivement imposée au cours de la dernière décennie, notamment dans le secteur de l’éducation. En France, son intégration fait désormais partie de la stratégie numérique pour l’éducation 2023-2027, qui vise à mettre le numérique et donc l’IA au service de la réussite des élèves et de l’accompagnement des enseignants. Cette stratégie a pour objectif d’aider les enseignants à comprendre le fonctionnement de l’IA, à développer leur esprit critique et à intégrer ces outils dans leurs pratiques.
Plus d’informations sont disponibles sur Éduscol ainsi que sur le site de la stratégie numérique : https://eduscol.education.fr/4188/les-intelligences-artificielles-et-leurs-usages-en-education et https://strategie-numerique.incubateur.education.gouv.fr
L’apparition de l’IA dans le champ éducatif bouleverse profondément les méthodes d’enseignement : elle intrigue, enthousiasme, déstabilise, suscite à la fois curiosité et inquiétudes. Mais au-delà des discours officiels, qu’en pensent réellement les professeurs de français en générale et de FLE sur le terrain ?
C’est dans ce contexte qu’ au cours de mon stage de recherche en Master 2, j’ai souhaité analyser la manière dont les enseignants de français et de FLE se positionnent face à cette technologie moderne. L’adoptent-ils réellement ? Comment ? Et surtout, quels enjeux éthiques, écologiques ou didactiques émergent lorsqu’ils l’utilisent en classe ?
Pour répondre à ces questions, j’ai lancé un débat dans différents groupes Facebook dédiés aux professeurs de français et de FLE. Voici le message que j’ai proposé aux enseignants :
« Bonjour à toutes et à tous !
Dans le cadre de mon stage de recherche en Master 2 en didactique du FLE, je m’interroge sur la place de l’intelligence artificielle dans nos pratiques de classe. Alors, je lance le débat sans tabou :
Utilisez-vous l’IA dans vos activités pédagogiques ?
Si oui, comment ? Quels outils ? Qu’est-ce qui fonctionne bien… et qu’est-ce qui tombe à plat ?
Si non, pourquoi ? Craintes éthiques, manque de formation, impression que c’est juste une mode ?
Je serais vraiment reconnaissante de lire vos expériences, vos réussites, vos échecs ou vos réticences. Tous les points de vue sont les bienvenus, c’est justement ce genre d’échanges qui nourrit ma réflexion !
Merci d’avance. »
Les réponses collectées sont nombreuses et variées, elles tracent un tableau nuancé : entre perspectives manifestes et incertitudes marquées, l’IA en classe de français progresse… mais divise. Est-elle une véritable avancée pédagogique ? Le débat reste ouvert.
Après l’analyse des données, on peut classer les enseignants de français et de FLE en deux grandes catégories distinctes : les partisans et les opposants.
1- Les partisans : l’IA, un assistant puissant et inspirant
Pour de nombreux enseignants, l’IA n’est pas une menace ; au contraire, elle est devenue un gain de temps, une source d’inspiration et une aide précieuse dans la création de matériel pédagogique. Ils l’ont qualifiée comme :
A. Un outil qui stimule la créativité et facilite la préparation
Plusieurs enseignants utilisent l’IA pour générer des images, des textes ou des supports adaptés à leurs cours, à savoir :
- Marie raconte qu’elle génère des images impossibles à trouver ailleurs (fusillade, gestes d’agression, situations d’urgence), très utiles pour des cours sur la sécurité.
- Ekaterina, quant à elle, crée rapidement des cartes de jeux pédagogiques ou des documents de dernière minute. Elle précise cependant qu’elle relit toujours attentivement : « L’IA reste un outil, pas un remplacement. »
- Emilie la voit comme « une aide précieuse, un assistant qui donne la voix qui manque quand on est seul professeur de français dans un établissement ».
B. Une aide à la grammaire, au vocabulaire et à l’évaluation
L’IA est également utilisée pour :
- générer des exercices ciblés (Anne, Samara)
- proposer des textes pour préparer le DELF B1/B2 (Emma)
- créer des quiz (Marie)
- analyser des textes ou imaginer une progression pédagogique (Jean)
Pour certains, elle devient même un outil d’apprentissage pour les apprenants :
- Lenie a mis en place un processus d’écriture où l’IA aide à réviser grammaire et vocabulaire au fil des versions : « Ils voient leur propre progrès ! »
C. Des usages avancés et innovants
Certains enseignants poussent l’innovation en développent de véritables dispositifs pédagogiques intégrant l’IA :
- Christophe a créé un chatbot pédagogique pour enfants, RGPD-compatible, installé sur un serveur européen, je vous invite à le découvrir : https://www.cmonprof.com/laura-french-learning-chatbot…/
Il l’utilise aussi pour générer des images, adapter des supports authentiques, relire son matériel ou tester des apprenants. - Un autre participant partage l’usage de l’IA dans des projets plus ambitieux, comme une mise en scène filmée en IA pour un module de lecture en Tunisie, voici le lien : https://youtu.be/2dNyeWHs7nY?si=SdeugWGjSPKdnSlq
D. Un soutien à la formation et à la professionnalisation
Certains enseignants incitent même leurs étudiants à utiliser l’IA :
- Nabil, quant à lui, recommande Prezi ou Copilot, à condition d’en connaître « les failles », et insiste sur le fait que l’IA ne constitue qu’une « première étape de leur travail ».
En résumé :
Pour les partisans, l’IA est un outil, un assistant, parfois un déclencheur d’idées… mais jamais un remplacement du professeur.
2- Opposant : l’IA, une menace pour l’éthique, l’écologie et la qualité pédagogique
Comme le souligne l’expression proverbiale suivante : « Deux avis valent mieux qu’un », face aux enseignants enthousiastes, un autre groupe d’enseignants manifeste de vives inquiétudes : pour eux, l’IA soulève d’importants enjeux environnementaux, éthiques et éducatifs.
A. L’impact écologique : un argument central
Le coût énergétique élevé des intelligences artificielles, qui nécessitent une grande quantité d’énergie pendant leur formation et leur utilisation quotidienne, est vivement critiqué par les professeurs. On trouve plusieurs arguments à ce sujet :
- Anne-Laure affirme refuser totalement l’IA : « Chaque question coûte un demi-litre d’eau potable. J’ai un cerveau, je m’en sers. »
- Sophie So expressément : « Je refuse de l’utiliser, notamment pour des raisons écologiques. »
- Elise relance le débat : « Quid de l’impact écologique ? »
Cette sensibilité écologique traverse de nombreux commentaires et constitue l’un des reproches majeurs faits à l’IA.
B. Une crainte éthique : perte d’autonomie, dépendance, dérive pédagogique
Pour d’autres, l’IA incite à la paresse intellectuelle ou encourage une dépendance malsaine :
- Émeline publie même un article intitulé « Je suis prof et je refuse d’utiliser l’IA », où elle détaille ses raisons.
- Certains enseignants craignent que l’IA remplace l’imagination, l’expérience terrain ou les documents authentiques :
« C’est bien pour les idées basiques, mais mieux vaut faire preuve d’imagination ! »
C. Des doutes quant à la fiabilité et à la qualité
Même parmi les sceptiques modérés, le manque de fiabilité est un frein :
- Florence utilise l’IA pour créer des exercices, mais constate :
« Je me demande si je ne gagnerais pas du temps à les créer moi-même. »
L’IA peut proposer des banalités, des erreurs, des approximations, voire des incohérences.
Dans cette perspective, et en complément de l’analyse de ma collecte de données, je vous invite à découvrir un article du CAVILAM Alliance Française. Pour ceux qui ne connaissent pas cette institution, il s’agit d’un centre international spécialisé dans l’enseignement du français langue étrangère et dans la formation des enseignants, situé à Vichy, en Auvergne. Créé en 1964 par la ville de Vichy et les universités de Clermont-Ferrand, le CAVILAM est aujourd’hui une référence dans le domaine du FLE.
L’article intitulé « Intelligence artificielle dans la classe de FLE : quatre témoignages » met en lumière les méthodes innovantes utilisées par quatre professeurs provenant de pays différents, tels que le Burkina Faso, Taïwan, le Pérou et la Slovaquie. Bien qu’ils soient confrontés à des contextes éducatifs variés, ces derniers illustrent comment une intégration réfléchie de l’intelligence artificielle peut enrichir l’enseignement du français sans jamais remplacer l’esprit critique, la créativité ou l’effort personnel des apprenants.
À travers leurs expériences, une idée fondamentale se dégage : lorsque l’IA est utilisée comme un outil pédagogique encadré et guidé , elle devient un véritable stimulateur d’autonomie, de motivation et de pensée critique. Elle accompagne les apprenants dans leurs parcours, les aide à explorer de nouvelles formes d’expression, et offre aux enseignants l’occasion de repenser leurs méthodes pédagogiques.
L’article met en évidence que l’enjeu n’est pas de contourner l’effort, mais de transformer l’IA en un partenaire au service d’un apprentissage plus actif, conscient et engageant.
Voici leurs témoignages :
1. Salifou Coulibaly – Burkina Faso
Salifou tolère et soutient l’utilisation de l’IA en salle de classe, sous réserve qu’elle soit employée de manière intelligente. Elle est principalement utilisée dans la production écrite : les élèves se servent de l’IA pour éclaircir certains points ou générer des idées, et à la fin du processus pour recevoir un feedback spécifique (identification d’erreurs + rappel des règles, sans correction automatique).
Impact significatif : augmentation de la motivation, indépendance et retours instantanés qui diminuent la charge de travail du professeur.
2. Grégory Simon – Taïwan
Grégory quant à lui, a directement introduit l’IA dans une classe où les étudiants n’osaient pas l’exploiter.
L’intelligence artificielle est utilisée dans ce cas pour produire des modèles de rédaction, examiner et recomposer des structures et suggérer des exercices lexicaux sur mesure.
Impact significatif : gain de temps, stimulation de la curiosité des apprenants, préparation optimale au DELF et promotion de l’autonomie.
3. Erika Jazmin Escobar Arce – Pérou (Lima)
Erika incorpore l’intelligence artificielle dans un projet pratique visant à créer un jeu d’évasion inspiré de la bande dessinée francophone.
Les utilisateurs exploitent l’intelligence artificielle pour caractériser et représenter des personnages, converser avec des chatbot et accélérer la création de leurs projets.
Impact significatif : une implication intense, une créativité accrue et une mémorisation à long terme améliorée grâce à l’utilisation immersive et émotionnelle de l’IA.
4. Livia Meskova – Slovaquie
Livia opte pour la régulation de l’IA plutôt que pour son interdiction.
Elle permet l’utilisation de l’IA pour la préparation de travaux (présentations, compositions…), mais se concentre uniquement sur l’évaluation des tâches effectuées en classe (oraux, simulations). Les étudiants examinent également les considérations éthiques liées à l’utilisation de l’IA.
Impact significatif : renforcement de l’esprit critique, prise de responsabilité, diminution du plagiat et du travail « entièrement IA ».
Alors……. Quand l’IA s’invite dans les classes de français : un miracle, ou un mirage?
Pour répondre à la question soulevée au début de notre article, il apparaît clairement que l’intelligence artificielle, comme les grandes innovations qui l’ont précédée, génère des réactions fortement divergentes au sein de la communauté éducative . Les réponses collectées mettent en évidence que sa présence dans les classes de français qu’il s’agisse de français langue maternelle ou de FLE suscite toujours une réaction.
Pour certains enseignants, l’IA constitue un outil précieux : elle favorise la créativité, simplifie l’élaboration des leçons et enrichit les méthodes d’enseignement. Pour d’autres, elle continue de susciter des préoccupations, principalement en ce qui concerne les aspects écologiques, éthiques et pédagogiques.
Conclusion
Au final, l’IA n’est ni un miracle ni un mirage : c’est un outil puissant dont l’impact dépend avant tout de la manière dont il est utilisé. Son intégration réussie reposera sur une formation adaptée, un usage réfléchi et une approche véritablement critique.
Annexes
Groupes Facebook cités
- https://www.facebook.com/groups/629518931102829
- https://www.facebook.com/groups/1288449734924570
- https://www.facebook.com/groups/1134703780206167
https://www.espaceproffle.com/…/les-professeurs-de…




